LE GRAND RAID MANIKOU EN MARTINIQUE · Jan 29, 07:24 AM
Bonjour à tous,
Voilà en quelques lignes comment j’ai vécu le Grand Raid MANIKOU.

Tout a commencé en février 2007 où j’ai vu passer un mail qui concernait une course un peu folle de 127km qui se déroulait en Martinique au mois de décembre. En général j’aime bien les défis et celui là me paraissait suffisamment important pour y réfléchir un peu. Après avoir contacté Fabrice pour en savoir un peu plus, ses explications m’ont progressivement convaincu et que si je me préparais sérieusement avec comme objectif de finir (et c’est déjà énorme) ça devait être jouable. Quitte à aller en Martinique je me suis dit que se serait aussi l’occasion de prendre quelques jours de vacances au soleil en plein hiver (c’est toujours bon pour le moral).
J’en ai alors parlé à mon épouse pour lui demander son avis en pensant qu’elle allait me traiter de malade qui avait une poussée de fièvre que son délire avait conduit à cette curieuse envie masochiste.
En fait j’espérais secrètement qu’elle me dissuaderait, mais tout au contraire elle m’a dit banco à condition que toute la famille femme et enfant soit de la partie. Et voilà comment j’ai mis le doigt dans un engrenage qui allait me conduire sur les pentes de la Montagne Pelée 10 mois plus tard pour essayer de parcourir les 127km de ce défit alors que ma plus longue distance parcourue se résumait à un marathon (seulement 42km) et c‘était il y a ……..10 ans.
LE DÉPART1h45 du matin c’est le réveil, le bus qui nous emmène au départ à Grand Rivière est à 2h30. Aucun problème pour ce réveiller, ça fait tellement de temps que j’attend ce moment qu’il arrive comme une délivrance, ça y est c’est le grand jour. Les heures puis les minutes défilent et enfin le compte à rebours du départ, il est 6H00 le jour se lève, c’est enfin le départ.
Premier objectif gravir la Montagne Pelée pour arriver à 1400m en un peu moins de 10km. Le serpent formé des presque 300 concurrents dévale les rues de la petite ville pour rapidement attaquer le premier sentier. Malheureusement le groupe des PSA boys éclate rapidement et je dois trouver mon rythme tout seul, enfin presque, parce que pour l’instant les concurrents sont encore en paquets.
Pour l’instant ça rigole encore et de petits groupes de niveau commencent à se former.
Je suis plein de bonnes résolutions, mon plan de marche est de franchir ce premier obstacle sans forcer car la course sera longue, donc je suis debout sur les freins, je trottine et je marche. De toute façon la pente devient rapidement importante et là ça commence à devenir sérieux d’autant plus que la météo ne nous aide pas, je passe successivement d’une belle journée naissante à de la brume puis de la pluie et la température qui n’arrête pas de baisser. Les dernières centaines de mètre sont assez impressionnantes, l’eau ruisselle sur les rochers, les marches obligent à lever les jambes très haut et j’ai même vu des pitons utilisés en escalade. Une fois en haut les bourrasques de vents à plus de 100km nous accueillent et nous obligent même parfois à arrêter la progression sur la ligne de crête. La descente est un grand escalier qui se traduit tantôt par une petite course tantôt par des sauts de cabris qui mettent à rude épreuve les genoux et les jambes. C’est le premier ravitaillement qui met fin à cet épisode. Là je retrouve les encouragements de Catherine et Dominique qui soutiendront l‘équipe jusqu’au bout.DUR, DUR …
La météo redevient normale et les champs d’ananas défilent jusqu’à la prochaine difficulté qui débutera au Morne Rouge, j’en profite pour me passer un peu de crème solaire, il commence à faire chaud et je ne suis pas encore à l’abri de la forêt tropicale. A partir de là commence vraiment pour moi les difficultés, le moral est toujours bon mais je suis complètement dérouté par le type de terrain. La progression devient très difficile, les chemins humides se sont transformés en bourbiers et à chaque pas j’ai l’impression d’avoir des ventouses aux pieds. Ma progression est rythmée par les "floc floc" que font mes pas ce qui permet de savoir si je suis seul ou pas dans ma progression.
C’est avec une grande joie que nous avons profité de 2 heures avec les pieds au sec car sitôt partis ce sont 8 gués à traverser qui nous remettent tout de suite dans le "bain". Les premières heures se passent plutôt bien, le parcours est pratiquement plat. Je commence à ressentir un nouveau coup de pompe à l’attaque des mornes en ville qui se traduisent par des routes en béton qui n’en finissent plus de monter à la verticale et qui en plus descendent aussi fort en martyrisant mes genoux. Malgré tout le réconfort que Daniel essaye de m’apporter je commence à perdre pied, je sens que j’ai consommé toute mon énergie et que la capitulation n’est plus très loin. Je continue encore tant que te terrain reste plat et je dois me résoudre à abandonner quand la prochaine grosse difficulté se dessine, la montagne Vauclin, avec le retour de l’escalade et d’un certain "chemin de croix" à franchir avant d’atteindre enfin la mer. Il est 2 heures du matin après 20h de course et quelques 75 km parcourus l’aventure s’arrête pour moi.

Bravo et merci à toute l‘équipe, à notre assistance, femme et enfant, à la bonne humeur et la convivialité qui nous ont accompagné avant pendant et après cette aventure.
Une mention spéciale aux finishers. Je peux dire maintenant que je sais ce que c’est qu’une épreuve difficile.
J’ai découvert une nouvelle discipline, un nouvel état d’esprit, j’ai d’abord été intrigué puis intéressé et impliqué, je suis maintenant complètement fan. Rendez vous au mois d’août du coté du Mont Blanc.
André— Randy Explorer
Postez vos commentaires
Commentaires fermés pour cet article
LA TERRE EST NOTRE BATEAU NOUS SOMMES AU COSTA RICA TOUT LE MOIS DE FÉVRIER...
Feb 8, 09:50 PM
vu les conditions que nous avons eû je pense que votre “ condition “ était quand même un peu juste mais bravo d’ avoir osé.